Une journée sur l’eau

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Voilà une nouvelle journée où nous partons entre collegues de bureau en minibus de Siem reap jusqu’au lac Tonle sap, le plus grand d’Asie du sud est, situé au centre du Cambodge.

Sur la route, on traverse de petits villages ou les maisons de bois se mélangent au palmiers à sucres et nous offre un paysage exotique.
On arrive au bord du lac où des bateaux aux multiples couleurs attendent les voyageurs. On embarque sur l’un d’entre eux, et l’on peut déjà observer les pécheurs en quête de nourriture qui animent le lac en faisant danser leurs filets au dessus de l’eau, souriant sur notre passage alors qu’on pourrait penser les déranger avec les ondulations que produit notre transport. 

Au rythme des saisons, le Mékong rempli le lac et gorge les eaux de poissons pour le plus grand bonheur des Cambodgiens. Sa superficie peut se multiplier par 4 durant la saison des pluies.
Le groupe est ravi d’être là et le sourire est sur tous les visages, toutes les conditions sont réunies pour passer un bon dimanche.

Le paysage donne une vision d’évasion, de liberté quand soudain des maisons sur pilotis perchées à 7 mètres du sol apparaissent en plein milieu du site classé au patrimoine de l’Unesco.. Il y a bien une vie ici. Les gens vivent sur l’eau une partie de l’année, et les hommes profitent ainsi pleinement de la pêche. C’est un spectacle de chaque instant.

Que dire de ce lieu où les visages plus beaux le uns que les autres apparaissent au fur et à mesure qu’on les regarde vivre. Cet endroit sort tout droit d’un autre monde où les gens nous offrent un spectacle entre le ciel et la terre dans leur pirogues ou leur maisons flottantes dignes de vrais voyageurs. Ils s’acclimatent à la nature sans vouloir la changer, préférant faire corps avec elle et se servir de ce que le Mekong et les dieux leur apportent quelques mois par an.
Les femmes naviguent leurs pirogues et nous baladent dans la forêt inondée, leurs enfants ne quittent pas leur mères attendant sagement que la journée se finisse pour rentrer chez eux. Je me retrouve fascinée devant ce peuple qui dégagent quelque chose de secret qu’il nous est impossible de comprendre ou déceler. Ces regards envoutent et interrogent sur ce mélange de douceur et de chaleur, d’accueil et de détachement aussi.. Doit-on le lire comme l’expression finale d’un caractère et d’un tempérament qui n’’ont pas d’égaux dans le monde, la khmeritude ??

pastedGraphic.pdfTout en m’interrogeant je regarde ces hommes pécher, et quelques gamins jouer dans le lac où sur notre passage les comportements diffèrent. Certains nous regardent étonnés, d’autres s’exclament et agitent les bras en guise de bienvenue puis d’autres restent indifférents habitués à la présence des voyageurs,. Quelques cambodgiens sont avec nous sur le bateau, je les regarde et m’amuse de leur euphorie découvrant à leur tour le pays où ils sont nés, visitant pour la première fois le lac de Tonle sap.

On croise quelques enfants sur le retour de l’école toujours entre ciel et terre et quelques femmes négocier les fruits et légumes la pagaie à la main.. C’est incroyable.

On pique-nique sur un pont de bois surplombant les eaux mystérieuses. Les enfants sont ravis de cette journée et je profite d’eux pour faire de jolis portraits que n’ont sûrement pas la famille, je me dis que ça leur fera de beaux souvenirs. Le retour se fait sous la chaleur du soleil écrasante, on prend un coup de massue avec Estelle. Mais c’est pas bien grave, on est bien là.

Sur le retour on s’arrête à un temple où seuls cette fois les cambodgiens peuvent rentrer à moins d’avoir le pass d’Angkor.. En les attendant j’en profite pour contempler les lieux de l’extérieur où rodent quelques moines qui colorent cet endroit de leurs toges orange.

Un peu plus loin, des barrières qui laissent entrevoir un petit village où jouent quelques enfants. Je peux apercevoir des maisons en bois en sale état et un moine au loin. J’ai envie d’y aller.. Mais ça à l’air comme.. privé. Une gamine arrive les bras remplis de choses à vendre mais je lui fais signe que ce qui m’intéresse se trouve derrière cet étrange portail. Je lui demande si elle peut m’y amener, elle me dit d’attendre. Quand elle revient c’est avec une autre petite fille qui parle un peu mieux anglais, elle me prend la main et m’emmène dans les lieux ou un moine intrigué se demande ce que je fais là, mais après un sourire et un « sour dey » (bonjour), son visage s’apaise et m’esquisse un sourire à son tour.. Je comprends avoir son approbation. Se cache bientôt d’autres moines où leurs toges orange sont en train de sécher sur des murs de bois, ce qui donne vie à cette place spirituelle J’ai envie d’immortaliser ce moment mais je me l’interdis par respect. La petite me voyant un brin gêné me rassure et me montre un petit chemin où se tiennent des statues magnifiques et une grande hutte de terre mélangée à des pierres.

Du doigt elle me montre le talus comme s’il était important

«  Qu’est ce que c’est ? »

« Un temple », me chuchote t-elle.

heu… là je comprend pas

«  Suis moi, je vais te montrer.

Me voilà escaladant cette montagne miniature infestée de moustiques et de branchages..

Et surprise au milieu, un immense creux cache une sorte de puits rectangulaire..
La gamine m’explique qu’avant les gens glissaient les offrandes à travers ce puits, ca pouvait être tout et n’ importe quoi, des bijoux, des fleurs, de la nourriture, de l’argent afin de prier les dieux pour qu’ils veillent sur eux et les protègent. Mais un jour, des personnes sont venus piller le puits et ont dérobé aux dieux ce qui leur appartenaient. Ces personnes sont décédés peut de temps après, punis par le ciel. J’ai trouvé ça adorable qu’elle tienne à me raconter cette histoire. Enfin, je ne me suis pas attardée, par respect pour les villageois. Ce fut un moment unique, rien qu’a moi. J’ai remercié Nad pour la visite, elle m’a regardé partir puis s’est remise au business..

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